
MAMA – Dans une allocution empreinte de gravité, le président du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, a fustigé ce jeudi 26 février 2026 la précarité croissante des producteurs de cacao. Recevant une forte délégation de la région de la Nawa, l’ancien chef de l’État a appelé à une réforme urgente du système de paiement des paysans.
C’est une résidence de Mama en effervescence qui a accueilli, ce jeudi, les populations de la région de la Nawa. Venus témoigner leur « fidélité et leur reconnaissance » à Laurent Gbagbo, ces délégués du sud-ouest ivoirien, cœur battant de la production cacaoyère, ont trouvé une oreille attentive à leurs griefs socio-économiques.
Le cri du cœur pour les producteurs
S'exprimant devant une assemblée acquise à sa cause, Laurent Gbagbo a mis le doigt sur ce qu'il qualifie de « paradoxe inacceptable ». Alors que la Côte d'Ivoire maintient son rang de premier producteur mondial de fèves, la richesse générée semble contourner ceux qui la produisent.
« Nous sommes les premiers producteurs de cacao au monde, mais les producteurs sont pauvres », a-t-il déploré avec amertume.
L'ancien président a particulièrement ciblé les défaillances du système de commercialisation. Selon ses propos, certains planteurs se voient encore remettre de « simples bouts de papier » en lieu et place d'un paiement liquide après la vente de leurs récoltes. Un procédé qu'il juge indigne : « Le planteur travaille dur toute l’année et, au moment de vendre, il reçoit des papiers. Ce n’est pas normal. »
Un appel à la constance politique
Au-delà de l'économie, la rencontre a pris une tournure hautement politique. Les porte-parole de la Nawa ont réitéré leur confiance absolue au leader du PPA-CI, saluant sa proximité constante avec le monde rural.
En réponse, Laurent Gbagbo a insisté sur la valeur de la loyauté dans le combat politique. « En politique, il faut être constant », a-t-il affirmé, soulignant que la fidélité aux convictions est le seul socle capable de bâtir
une lutte durable.
Cette visite intervient dans un climat où la question de la rémunération juste des producteurs de café-cacao — qui représentent environ 15 % du PIB national — demeure un enjeu électoral majeur pour les scrutins à venir. En se positionnant comme le défenseur de la « dignité paysanne », Laurent Gbagbo confirme que le monde agricole restera l'un des piliers centraux de son discours politique.
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