
C’est le visage hideux d'une nation qui dévore ses enfants. Sous le soleil de plomb d'Abidjan, Bouaké ou Korhogo, des milliers de diplômés se bousculent pour un treillis. Ce n’est pas du patriotisme, c’est le cri d’agonie d’une jeunesse qui n'a plus que le fusil pour ne pas mourir de faim.
Regardez ces files d’attente qui s’étirent comme des serpents de désespoir devant les centres de recrutement militaire 2026. Officiellement, on nous parle de la « Loi de programmation militaire 2026-2030 » et de « montée en puissance des FACI ». Officieusement, c’est le plus grand aveu d'échec industriel et social de l'histoire de la Côte d'Ivoire.
Des cerveaux transformés en chair à canon
L’image est insupportable : des ingénieurs, des économistes, des techniciens supérieurs, tous titulaires de diplômes durement acquis, font la queue pour devenir simples soldats de rang. Pourquoi ? Parce que dans la "Côte d'Ivoire émergente", les usines sont des mirages et le secteur privé est une forteresse imprenable pour ceux qui n'ont pas de "bras longs".
L’armée est devenue la poubelle sociale d'un système qui préfère investir dans des munitions plutôt que dans des emplois civils. On n'entre plus à l'AFA ou à l'ENSOA pour la gloire du drapeau, on y entre pour le matricule et la gamelle de riz garantie.
Paroles de « sacrifiés » : Le désespoir à nu
Dans la poussière et l'attente, les masques tombent. Les témoignages que nous avons recueillis sont des poignards dans le cœur du rêve ivoirien :
- Moussa, 27 ans, Master en Économie : « Mon diplôme ? Il est au fond d'un tiroir. Ça fait trois ans que je marche mes chaussures pour un stage. Aujourd'hui, je suis ici. Je ne viens pas pour servir la patrie, je viens pour avoir un salaire. On nous transforme en soldats parce que l'État est incapable de nous transformer en entrepreneurs. »
- Jean-Luc, 24 ans, Technicien Qualifié : « J’avais des rêves de technologie, de construction. Mais ici, le seul outil qu'on nous donne, c'est la Kalachnikov. Si je meurs au front, au moins ma mère aura une pension. Dans le civil, je suis déjà un mort-vivant. »
- Awa, candidate désespérée : « Mes parents se sont saignés pour mes études. Aujourd'hui, ma seule issue pour les aider, c'est d'apprendre à tuer ou à me faire tuer. C'est ça, l'avenir radieux qu'on nous a promis ? »
Un chantage à la survie
Le contraste est insultant. Pendant que les sommets internationaux vantent notre croissance, la réalité est celle d'une jeunesse prête à risquer sa vie pour la seule promesse d'une assurance maladie.
L’État ivoirien joue un jeu dangereux :
- Zéro usine, zéro industrie, mais des milliers de rangers.
- Zéro insertion technologique, mais des armes pour tous.
- Une jeunesse muselée par la discipline militaire pour ne pas qu'elle se révolte dans la rue.
Conclusion : Une bombe à retardement
La Côte d'Ivoire de 2026 ne recrute pas des héros, elle recrute des naufragés. Militariser la détresse sociale est une stratégie de courte vue. Un pays qui n'offre que la guerre comme seul horizon à ses "génies" est un pays qui a déjà capitulé face à son propre destin.
Peuple de Côte d'Ivoire, réveille-toi : nos cerveaux s'enrôlent pour ne pas crever. C'est ça, la honte nationale.
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