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Le monde culturel ivoirien est secoué par un ultimatum : le collectif dirigé par Nestor Eboua, dit Akowe, réclame des comptes à Gadji Celi sur une ancienne affaire financière au BURIDA. Pourtant, les archives, les dates et les audits de l'époque révèlent une réalité totalement inverse.
C'est une affaire digne d'un rebondissement de feuilleton, mais qui fragilise à nouveau la cohésion des artistes ivoiriens. Lors d'une récente sortie médiatique, le collectif mené par l'artiste Nestor Eboua, dit Akowe, a lancé un ultimatum public à Gadji Celi, ancien Président du Conseil d’Administration (PCA) du Bureau Ivoirien du Droit d'Auteur (BURIDA). L'objet de la discorde ? Une prétendue responsabilité de l'ex-capitaine des Éléphants dans la disparition de deux milliards de francs CFA.
Si la menace d'une saisie de la justice est brandie par le collectif sous 48 heures, cette sortie suscite la stupéfaction chez les anciens dirigeants de l'institution. Pour beaucoup, ce dossier a pourtant été définitivement clos et arbitré par les plus hautes autorités de l'État.
Un dossier déjà scellé par l'État
Les observateurs de l'époque se souviennent de l'implication personnelle de l'ancien ministre de la Culture, Maurice Bandaman. Face au tollé suscité par cette affaire à l'époque, le ministre avait pris le dossier à bras-le-corps.
Une série de rencontres de haut niveau avait été organisée pour faire la lumière sur la situation :
- L'ex-Directeur Général, Michel Barouan Bertin, avait été reçu à Abidjan pour présenter toutes les preuves justificatives.
- Une rencontre décisive s'était ensuite tenue à Paris avec le PCA de l'époque, Gadji Celi, actant la clôture définitive de ce différend.
L'audit de la vérité : Gadji Celi a découvert des dettes, il ne les a pas créées
Pour comprendre la méprise du collectif actuel, il faut remonter à la chronologie exacte des faits :
- Juillet 2009 : Suite à une assemblée générale ultra-médiatisée, l'UNARTCI prend le contrôle du BURIDA. Gadji Celi est démocratiquement élu Président du Conseil d’Administration.
- Fin 2009 : La toute première décision du nouveau Conseil d'Administration est de commander un audit financier indépendant pour faire l'état des lieux de la maison.
- Le constat de l'audit : Ce rapport met au jour un déficit de 2 milliards de francs CFA. Loin d'être un détournement de l'équipe en place, ce montant représentait en réalité des dettes de gestion et un passif financier accumulés sous l'administration provisoire qui gérait la structure avant juillet 2009. Ces fonds, initialement destinés aux droits des auteurs, avaient été absorbés pour couvrir les frais de fonctionnement de la boîte par les équipes précédentes.
Dès la publication de ces résultats, c'est Gadji Celi lui-même qui avait convoqué une conférence de presse nationale, soutenu par tout son conseil et sous la supervision de l'ex-Secrétaire Général du BURIDA, Monsieur Ouattara (aujourd'hui à la retraite), pour dénoncer publiquement ce gouffre financier auprès des médias.
Une erreur de cible 15 ans plus tard
C’est précisément cette démarche de transparence qui avait informé le public – et l'artiste Akowe – de l'existence de ces deux milliards.
Quinze ans après la fin de cette gestion (2009-2011), accuser l'homme qui a révélé le scandale et mis à nu les dettes de ses prédécesseurs apparaît comme un contresens historique majeur. Les archives, dont les copies de l'audit sont toujours détenues par les principaux acteurs de l'époque, désignent une tout autre direction : celle de l'administration provisoire d'avant 2009.
Dans le milieu de l'art, de nombreuses voix s'élèvent aujourd'hui pour appeler à la retenue et au respect de l'image des aînés, rappelant que la diffamation gratuite ne saurait servir de politique culturelle.
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