
Par la rédaction — Publié le 18 juin 2026
Face au spectacle désolant des pelleteuses qui détruisent les habitations de Koumassi-Campement, l’Ordre des avocats de Côte d’Ivoire brise le silence. Dans une position officielle ferme, le Barreau ivoirien dénonce une opération menée au mépris des règles de droit et de la dignité humaine.
C'est un véritable cri du cœur doublé d'un rappel à l'ordre juridique. Alors que les familles de Koumassi-Campement assistent impuissantes à la démolition de leurs maisons, une voix de poids vient de s'élever pour contester la légalité de cette opération : celle du Barreau ivoirien. Les avocats du pays s'insurgent ouvertement contre une procédure qu'ils jugent brutale et abusive.
Un drame humanitaire sous couvert de salubrité
Sur le terrain, les images de désolation se succèdent. Des effets personnels entassés à la hâte sur les trottoirs, des larmes, et des citoyens laissés sans solution de relogement. Si les autorités mettent en avant des impératifs d'urbanisme ou de sécurité, la méthode employée suscite une vague d'indignation légitime. Pour le Barreau, l'État ne peut pas agir en violation de ses propres lois, même pour des motifs d'intérêt public.
Le droit de propriété et la dignité bafoués
En s'insurgeant contre cette opération, le Barreau ivoirien met en lumière plusieurs manquements graves :
- L'absence de préavis suffisant : Les populations n'ont pas eu le temps requis pour se retourner.
- Le non-respect des voies légales : Les procédures d'expulsion n'ont pas suivi le cheminement judiciaire obligatoire.
- Le manque d'indemnisation : Aucune mesure d'accompagnement concrète n'a été déployée pour les personnes impactées.
« Le droit au logement et le respect de la dignité humaine sont inscrits dans notre Constitution. L'alignement de la force publique ne doit jamais s'affranchir du respect des textes », rappelle un spécialiste du droit proche du dossier.
Le silence assourdissant du pouvoir politique
Cette levée de boucliers des robes noires intervient dans un climat politique particulièrement lourd. À la une de l'actualité, une question demeure sur toutes les lèvres : pourquoi le pouvoir exécutif reste-t-il passif ? Le mutisme d'Alassane Ouattara et du parti au pouvoir (le RHDP) face à la détresse de Koumassi-Campement commence à peser lourdement sur le débat public.
En prenant ainsi position, le Barreau ivoirien rappelle son rôle historique de sentinelle des libertés et des droits des citoyens. Reste à savoir si ce signal d'alarme juridique suffira à faire reculer les machines et à ouvrir la voie à une concertation plus humaine.
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