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Par la Rédaction
Édition Spéciale – Grand Angle.
C’est le dossier noir qui secoue les fondations de la capitale économique ivoirienne. Ce qui était initialement présenté comme une simple opération d'aménagement foncier privé a définitivement basculé dans le scandale d’État. À la Une des parutions de la presse d’investigation, notamment le hors-série choc de l’hebdomadaire satirique L’Éléphant déchaîné, le verdict des titres est sans appel : « Koumassi Campement : Un deal qui a mal tourné ».
Derrière ce titre choc, se cache le drame humanitaire et judiciaire de plus de 34 hectares d’habitations et de commerces réduits en poussière par des bulldozers, plongeant brutalement des milliers de familles ivoiriennes dans le dénuement le plus total.
Un faux mandat pour un vrai désastre
Pendant des semaines, l’instigateur présumé de ce nettoyage par le vide, l’opérateur économique privé Alloui Brou Jacques, s'est défendu en brandissant des documents officiels et une prétendue décision de justice l’autorisant à détruire le quartier. Une posture d’intouchable qui a fini par s'effondrer.
Le tournant décisif de cette affaire est venu directement du parquet d'Abidjan. Comme le souligne la presse : « Comment le communiqué du Procureur a tout changé ». Dans une sortie officielle, le Procureur de la République a fait voler en éclats la ligne de défense de l’opérateur : aucune décision de justice n'a jamais autorisé la démolition de ces 34 hectares. La justice ivoirienne avait formellement rejeté la demande d'Alloui Brou Jacques, laquelle ne concernait d'ailleurs à l'origine que cinq petites habitations. L'acte posé relève de la pure voie de fait, du trouble grave à l'ordre public et de la destruction volontaire de biens d'autrui.
Des complicités haut placées dans le viseur
La Une de la presse met directement le doigt là où cela fait mal : « Alloui Brou Jacques, le Député et le District ». Ce triptyque met en lumière les ramifications politiques de ce dossier. Comment un simple opérateur privé a-t-il pu mobiliser des forces de l'ordre et des engins lourds pour raser un sous-quartier entier sans éveiller les soupçons des autorités de tutelle ? Si la mairie et le gouvernement central ont immédiatement décliné toute responsabilité ou implication directe, l'éditorial de la presse indépendante enfonce le clou sur « Le bulldozer contre l’ACD » (Arrêté de Concession Définitive), pointant du doigt les failles béantes de la gouvernance foncière à Abidjan.
L’heure des comptes : L'opérateur sous les verrous
La récréation est désormais sifflée. Traqué par les forces de l'ordre après les conclusions de l’enquête judiciaire, Jacques Alloui Brou a été officiellement arrêté par la Police nationale. La sentence administrative est tombée : l'homme d'affaires a été placé sous mandat de dépôt. Il doit aujourd’hui répondre de quatre chefs d’accusation majeurs devant les tribunaux.
Alors que la saison des pluies bat son plein sur le district d'Abidjan, la question du relogement et de l'indemnisation des familles sinistrées de Koumassi Campement reste entière. Ce dossier, désormais qualifié d'« affaire classée... mais sans suite ? » par certains confrères de la place, promet encore de profonds déballages politiques et judiciaires dans les jours à venir. La Côte d’Ivoire regarde, et attend que justice soit faite..
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